rss
0

Micmacs à tire-larigot : Les critiques de Gourcy

Après une longue absence, Jeunet revient aux affaires et dès les premiers plans, on reconnait de suite son style : sa façon de filmer les gros plans, sa colorimétrie jaune, son univers barré et ses personnages loufoques.
C’est une démonstration de savoir-faire. Jeunet est confortablement installé dans une histoire qu’il maîtrise de bout en bout. Du beau travail !
Le problème ? Jeunet fait encore et toujours du Jeunet, au point d’avoir l’impression par moments d’avoir déjà vu ce film et seuls ceux qui n’ont jamais vu du Jeunet seront surpris par ses vignettes colorées de Paris. Les autres auraient certainement voulu que cette histoire soit plus aventureuse de par son scénario et son casting « bankable » (croyez-moi, les ch’tits Kad et Dany vont nous en coller pour 30 ans !). Prise de risque zéro avec cette plongée d’Amélie chez les ch’tits ayant pour but de faire sauter l’audimat un dimanche soir sur TF1.
Micmacs à Tire-Larigot semble être à mi-chemin entre Delicatessen et Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain en racontant une histoire de vengeance mais sans la profondeur et la finesse de ses films précédents. La mécanique est tellement bien huilée et le scénario tellement cliché qu’il manque cette émotion et cette poésie qui nous transportaient ailleurs dans les deux précédents opus cités auparavant.
La magie n’opère pas et le film tourne à vide. Bref, on s’ennuie parce que rien ne se passe et tout est finalement trop lisse et trop attendu. Mais surtout, ce n’est pas drôle et limite niais.
Jean-Pierre Jeunet nous propose une sorte d’Ocean’s 11 où chaque personnage utilise ses talents pour s’attaquer bêtement aux méchants fabricants d’armes et venger ainsi le héros de l’histoire, Bazil.
Mais le scénario est écrit de telle façon que les péripéties s’enchaînent à toute allure et que les seconds rôles deviennent des sortes de personnages de BD ne pouvant exister qu’au travers d’un unique gros trait de caractère ou physique. Des gueules : Tambouille, Fracasse, Calculette, la Môme Caoutchouc, Remington, P’tit Pierre et Placard. On est au cirque. C’est formidable le cirque sauf que ce n’est pas drôle et que tous les protagonistes servent de faire-valoir au clownesque Dany Boon pour faire avancer une intrigue simple comme toute histoire de vengeance
Ces « micmacs », montés comme de minutieuses réactions en chaîne, ne sont jamais prenants ni jubilatoires et l’esthétique si singulière qui a fait la gloire de Jeunet, paraît aujourd’hui curieusement usée par son manque d’originalité et ancré dans la routine.
Cinéma à renouveler d’urgence sous peine que « trop de Jeunet tue Jeunet… »

micmacs

A lire aussi

Donne ton avis

Toute critique qu'elle soit bonne ou mauvaise est bonne à dire mais il faut s avoir y mettre les formes.
Tout message à caractère injurieux sera censuré.




Si vous voulez afficher un avatar, allez obtenir un Gravatar.

Follow Me TLT
Toulouse afterwork
Player Toulouse.fmPodcast agenda
Facebooktwitter