The Town // les critiques de Gourcy
The Town : ne bougez plus et restez les yeux scotchés à l’écran, ceci est le hold-up parfait de l’année.
The Town n’est pas une histoire de braquage réussi mais avant tout une réussite cinématographique ! Un rayon de soleil parmi la multitude de films sur le sujet.
The town est un polar noir et romantique à l’ancienne où les codes du film de braquage sont appliqués à la lettre. Le film n’en fait jamais trop mais n’en est pas moins solide et nerveux parce qu’ancré dans notre réalité contemporaine où se mèlent thriller et drame social.
Ce film de gangsters, intense et efficace, nous plonge dans le quotidien de ces hommes dont la seule échappatoire est la prison ou la mort. On y découvre une bande de braqueurs de banques, criminels de père en fils ancrés dans leur communauté au sud de Boston, Charleston. Ben Affleck filme ce quartier de Boston et toutes ses activités sordides avec un réalisme quasi-documentaire. Dans toute sa noirceur et sa violence, Charleston en devient presque le personnage principal du film.
Avec The Town, sa deuxième réalisation après le brillant Gone Baby Gone qui racontait un enlèvement d’enfant complexe et émouvant, Ben Affleck confirme qu’il est désormais un très bon réalisateur qui donne à l’acteur l’un de ses plus beaux rôles. Il a également su s’entourer le bougre, soutenu qu’il est par un casting uniformément impeccable de Jeremy Renner, chien fou de Démineurs, à Jon Hamm, le génialissime Don Drapper de la cultissime série US Mad Men qui a rangé ses costards 60’s pour incarner un agent du FBI génialement retors.
Sur le fond, il n’y a rien de vraiment nouveau mais la mise en scène d’Affleck n’est pas loin d’atteindre le niveau de pureté et d’efficacité de son idole, Clint Eastwood, auquel ce polar fait par moments penser. On est dans du classique mais du bon classique. Restera à épaissir le trait des personnages par la suite. Le récit est centré sur une série de hold-up sans fioritures. Pas d’effets spéciaux, pas d’explosions spectaculaires, mais un scénario solide, passionnant et dense. Trois séquences d’action précises à couper le souffle et une course poursuite formidable.
La grande réussite se trouve côté ambiance du film. Une ambiance très particulière qui n’est pas sans rappeler avec grand plaisir les séquences de fusillades crépitantes de Heat (le chef d’oeuvre et référence en matière de film de braquage de Michael Mann où s’affrontent deux colosses, De Niro et Al Pacino) ou les braquages masqués de Point Break. On retrouve cette même sensation d’urgence et de chaos urbain avec la tension palpable tout du long, sans aucun temps mort.
The Town devient à son tour un classique du cinéma de braquage désormais.





